Un VTT local, c’est ma devise

Si je me suis séparé de mon Sunn Crosss édition 2006 avant de partir au Canada ce n’est pas pour arrêter le VTT et me mettre au beach volley ! En effet, c’est l’occasion pour moi de passer à l’étape supérieur à savoir le «tout mou» ou tout suspendu afin d’affronter l’un des plus connus spots de VTT au monde, j’ai nommé le Vancouver’s North Shore. La pratique dans les environs ainsi que le ressenti du vélo (car c’est lié) fera l’objet d’un article dédié, je vais pour le moment m’attarder sur mon nouveau jouet, je pense que ça devrait en intéresser plus d’un ;). J’annonce que ça va être technique donc si pour vous le vélo c’est un sport de gonzesse car on met des collants vous pouvez passer votre chemin :D.

La recherche

Il y a environ trois mois je me suis donc mis en mode recherche pour trouver le VTT qui va bien pour faire du XC un peu plus agressif/engagé qu’en France. J’ai donc profité du MEC Bikefest qui se déroulait à North Vancouver pour tester des vélocyclettes de montagne gratuitement. J’ai commencé par essayer du Specialized avec le Specialized Enduro Pro. C’est un très bon vélo pas très lourd malgré l’apparence mais j’ai trouvé qu’il gommait un peu trop le terrain à mon goût, faut dire aussi que je ne suis pas encore habitué à la présence d’une suspension arrière. J’ai ensuite testé le Specialized Camber Pro sur lequel je me suis senti plus à l’aise, il est plus nerveux et j’ai retrouvé un ressenti du terrain plus naturel.

Deux choses m’ont surpris chez Spé. D’une part il n’y a que deux plateaux et donc 2×10 vitesses théoriques au lieu des traditionnels 3×9. Le gars de chez Spé m’explique que c’est la tendance maintenant notamment pour éviter de dérailler. Deuxièmement la présence de 29 pouces, la majorité des vélos orientés XC / XC Marathon existent maintenant en 29 pouces au lieu de l’historique 26 pouces. J’ai pas testé car je m’étais renseigné et le gars m’a bien confirmé, c’est plus efficace dans les montées et c’est orienté pour les grandes personnes mais c’est un peu handicapant en descente notamment pour tournicoter et au vue des chemins environnants je préfère avoir quelque chose de maniable.

Au passage c’est toujours marrant d’exprimer son ressenti «in English» déjà qu’en Français c’est pas facile et alors poser des questions sur le matériel quand tu connais pas le vocabulaire ça finit toujours par «this» ou «that thing/part». Pareil au niveau des unités, je demande le débattement et la personne me dit que c’est du 5 pouces, du coup je lui demande ça corresponds à quoi en cm et le gars me réponds qu’il n’en sais rien. De même pour le poids 28 livres et donc ça fait combien de Kg, réponse : j’en sais rien. Je vais te régler les suspensions, tu pèses combien, réponse : 70 Kg du coup il me demande ça fait quoi en livres et là je lui dit que j’en sais rien. La je pensais que je l’avais bien niqué sur le coup mais en fait c’est moi qui test le matos après ;).

Je voulais aussi tester du Trek, du Commencal mais il n’avaient pas beaucoup de modèles. J’ai squeezé Norco car je ne connaissais pas mais je sais maintenant c’est beaucoup utilisé ici, ce qui veut dire que ça doit être du bon matos. J’ai pas été voir Marin car leur système de pivot ne m’a pas inspiré. Je me suis donc dirigé vers Rocky Mountain dont j’avais déjà étudié les spécifications de 3 potentiels vainqueurs :

Après discussion avec le gars sur ma pratique, je test un Altitude 70. Le premier feeling est très bon l’assise, les freins, les suspensions et la nervosité, on sent qu’il y a du potentiel. Je note tout de même une inéficacité du système pro pedal avec pas mal de pompage lors des montées et des freins qui couinent. J’y retournerais le lendemain pour refaire un essai car après 3 essais d’affilés d’environ 40m/1h la dernière impression est toujours un peu foireuse. Ce test sera concluant et je pars donc sur cet Rocky Mountain Altitude 70 2011. Je n’aurais pas essayer le Slayer car j’avais peur de retomber sur quelque chose de trop costaud et plus lourd d’autant que celui-ci est bien costaud et musclé comparé à mon ancien Sunn. Et il est plus cher aussi, très cher même.

L’achat

Le gars de chez Rocky Mountain me conseille d’aller chez Simon’s Bike Shop pour le commander, chose que je fais dans la foulée le lendemain (oui car ça fait 3 mois que j’attendais de rouler dans les montagnes que je vois tous les jours, enfin quand il fait beau ;)). Je demande deux modifications, une potence plus courte comme conseillée par le gars pour faciliter la prise de virages de type lacet et une tige de selle télescopique, un gadget (qui n’en n’est pas un en fait) dont j’ai toujours rêver. J’aurais droit à une petite ristourne, cela dit vu le prix qui piquent deux fois vu qu’il est HT et 12% de beaucoup ça fait beaucoup ! Je récupère donc le bouzin après 3 jours, parfait juste avant le weekend même s’il n’était pas en stock (petit magasin) mais l’entrepôt Rocky Mountain n’est pas trop loin (c’est pas le mode de fonctionnement de Lapierre !).

En effet, il s’agit d’une marque locale de Colombie Britannique et en particulier de Vancouver, Rocky Mountain (en hommage aux rocheuses, la chaîne de montagne qui traverse l’Amérique du Nord dont la partie canadienne fera l’objet d’un bel article ;)). Ils testent leurs vélos sur le North Shore, on peut d’ailleurs voir un peu partout sur les produits de la feuille d’érable pour bien montrer que c’est du produit 100% pur caribou (bon c’est quand même 95% produit en Asie comme 98% des VTTs). C’est donc mon deuxième VTT locale, Sunn étant originaire de Haute-Garonne.

La livraison

La potence n’a pas été changée à la livraison car ils n’ont pas eu le temps de la recevoir en 3 jours et ils me proposent de revenir pour la faire installer quand elle sera disponible. Autre point c’est vendu avec la pièce en plastique pour bloquer l’étrier lors du transport roue avant démontée ainsi que des fonts de jantes et pièces pour passer les pneus en tubeless. Je suis surpris sur le coup car j’aurais pensé trouvé directement les pneus montés en tubeless, du coup je gagne deux chambres au passage. En fait, je reviendrais plus tard pour réduire la potence (chose que je ferais 2 fois pour passer de 11 à 10 puis 9 cm, faut d’ailleurs que j’y retourne pour passer en 8 ;)) et je leur demande de passer les pneus en tubeless. Et là surprise le gars me dit que les pneus ne sont pas homologué tubeless d’où la livraison avec des chambres (et c’est vrai que c’est marqué dans les spécifications jantes tubeless ready mais c’est tout), mais il me dit que parfois ça passe quand même (certains pneus étant plus poreux que d’autres) et effectivement ils sont maintenant montées en tubeless, ils ont utilisés le liquide magique (j’ai bien fait de leur demander car je sais pas faire ça).

Les spécifications

Spécifications de l’engin :

  • Cadre aluminium avec une partie du pivot en carbone taille M (18 pouces) ;
  • Fourche Fox 32 Float RL FIT 140mm avec axe en 15mm ;
  • Amortisseur arrière Fox Float RP23 XV 140mm avec 3 Position ProPedal ;
  • Freins Formula R1 180mm ;
  • Leviers de Frein Formula R1 ;
  • Manettes de Vitesses Shimano XT Rapid Fire ;
  • Dérailleur avant Shimano XT Direct Mount ;
  • Dérailleur arrière Shimano XTManivelles ;
  • Plateaux Shimano XT 170-175mm 44/32/22T ;
  • Cassette Shimano XT-9 11-34T ;
  • Jantes DT Swiss X 1600 Tubeless Ready ;
  • Pneu avant Maxxis Ardent 2.25 ;
  • Pneu arrière Maxxis Crossmark 2.1 Kevlar ;
  • Tige de selle KS I900R ;
  • Pédales Shimano PD-M520 ;
  • 26 livres annoncé par le gars + 1 livre pour la tige de selle ~ 12 Kg  (j’ai pas pu vérifier).

Les particularités

Le tube de selle télescopique est relié à une commande au guidon par un câble qui passe sous le tube supérieur du cadre dans des œillets présents de base (bien pensé ça, c’est fait très propre !). Malgré son coût exorbitant, ce composant permet aussi de faciliter le transport en descendant la selle en un coup de cuillère à pot sans pour autant perdre le réglage de grimpe (genre vous avez mis le premier vélo sur le porte vélo et le deuxième évidemment à le guidon qui est pile poil au niveau de la selle :)). De plus, il sert plus ou moins d’antivol car démonter la tige de selle est facile mais après c’est relier à un câble qu’il faut retirer du cadre et démonter la commande (possible mais rien à voir comparé à simplement desserrer le collier de selle). Autre double utilité l’axe en 15mm de la roue avant qui en plus d’être robuste permet de remonter la roue facilement sans pour autant perdre le réglage de l’étrier des freins à disque pour cause de disque décentré (pareil tu as l’image c’est jamais d’équerre quand tu as une crevaison, ben là si :D).

Le faciès

Les photos façon Turbo au Stanley Park de nouveau :

J’ai bien fait de faire les photos les premiers jours car le noir c’est classe mais c’est facilement salissant et il y a déjà des rayures (ça fait toujours mal mais bon ce vélo n’est pas un vélo pour faire du cyclimse ;)). On voit également moins bien les feuilles d’érable présentes sur les cotés du guidon.

La dynamique

Une petite vidéo du modèle au dessus (full carbon, all shiny, full price !) et de l’an dernier, ça se passe sur l’île de Vancouver et c’est le vélo parfait pour Julien C., évidemment après la vidéo on a grave envie de l’essayer sur les mêmes chemins :

Les retours après quelques semaines

Ça fait bien plaisir de retrouver les sensations du VTT en particulier avec l’aspect coussin d’air que peut apporter le tout suspendu XC sans pour autant perdre en rendement. La première étape comme d’habitude c’est de roder les freins, pour cela le gars de la boutique m’a préconisé de trouver une longue descente pas trop violente, de freiner en continu et de mettre de l’eau sur les étriers pour retirer les résidus puis recommencer.

Au niveau du service après vente, j’ai donc raccourci plusieurs fois la potence et je n’ai toujours pas la finale mais une prêté pour l’occasion, bien sympathique les gars de cette boutique. Et compétents aussi car ils m’ont colmatés une fuite sur la suspension arrière car je devais remettre de l’air toutes les deux sessions sous peine de toucher les racines en permanence. Apparement c’est rare mais bon c’est tombé sur moi :). A chaque fois, ils ont pu me faire le boulot en une journée sauf le passage en tubeless car ils ont voulus tester sur plusieurs jours s’il n’y avait pas de fuite.

Voilà il faudra attendre l’article sur la pratique du VTT autour de Vancouver pour savoir comment ce vélo réponds bien au besoin !

Mots-clés : , , , , ,

Publié le 29 août 2011 à 5h44 par Sébastien Launay dans VTT. Vous pouvez suivre les réponses à cet article via son flux RSS. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un rétrolien depuis votre site.

10 réponses à “Un VTT local, c’est ma devise”

  • Julien C. a dit le :

    Héhé :D Jolie petite truite ! Et merci pour la dédicace, au début j’ai pas trop capté!

    Ça a l’air d’être une sacrée bestiole ce VTT, c’est moi ou t’as oublié de préciser le prix ?

    Profite bien de ces paysages.

  • @nnie a dit le :

    Régale toi avec ce nouveau « joujou », mais attention aux chutes !!
    As tu fait des photos sur l’île de Vc » pour ta rando en VTT justement ?
    A quand la reprise de pêche à la mouche, on t’apporte ton matos stockés dans le garage, quand tu veux…………
    @nnie

  • Ludo a dit le :

    J’ai vu (admiré) l’engin, c’est un très très beau joujou !!! Je pense que tu vas te régaler ! C’est un super compris entre un VTT XC pur et un enduro.
    Quand j’avais acheté le mien, j’avais essayé un XC de la gamme Rocky Mountain (un Element 50 : http://cycles-et-nature.com/images/rocky_mountain/hd/rocky_mountain_element_50_2009.jpg) chez Alaska mais j’avais pas été convaincu car je trouvais la position peu confortable. Ils ont d’ailleurs changé leur cadre depuis qui est « slopping » (http://www.neway38.com/401-790-large/vtt-rocky-mountain-element-50-msl-2011.jpg) qui me rappelle ma monture (un LP Xcontrol 410 2009 : http://www.velo-attitudes.fr/r5_trans/x-control-410-vtt-lapierre-1361.jpg).
    En tout cas c’est un vélo qui en jette visuellement et je suis sûr aussi réellement :D !
    C’est bizarre qu’il ne le livrent pas en tubeless direct car tu le verras le tubeless n’a que des avantages. La dernière sortie que nous avons fait, j’avais une punaise plantée dans la roue avant et j’ai fait la sortie avec sans pb et surtout sans perte de pression (sans préventif et en laissant bien sûr la punaise en place dans le pneu :D). Du coup j’ai réparé ma roue et j’en ai profité pour mettre le fameux liquide magique. C’est assez aisé à mettre mais il faut être méticuleux et faire bien attention à pas en mettre partout car ça se transforme en latex très vite au contact de l’air extérieur et d’une surface rugueuse.
    J’ai vu l’efficacité du produit direct, c’est sorti par le petit trou et ça a fait une espèce de petite boule grise qui a coagulée et a bouché le trou !!! Depuis pas de perte de pression :D

    • Sébastien Launay a dit le :

      Je n’ai pas essayé l’Element mais je me rappelle que tu m’en avais parlé, je pense qu’il vraiment orienté compétition XC d’où l’assise agressive au contraire de l’altitude.
      Pour ce qui est du tubeless, je n’ai toujours pas eu de «flat» comme on dit ici pourtant je peux te dire que les pneus prennent cher !
      Le seul truc naze c’est la double vis de la valve, une fois sur deux quand je veux gonfler le pneu je dévisse le bouchon de la valve et ça dévisse non pas le petit bitonio mais une vis et ça fait pffff :
      Valve presta
      Cela dit ma nouvelle pompe à pied envoie du gros car a chaque fois j’ai réussi à remettre 2,5 bars en moins de 15 secondes !

  • Tinic a dit le :

    Joli vélo … par contre j’ai pas compris l’intérêt du tube de selle télescopique… ok pour le transport, mais quand t’es sur le vélo??? tu peux descendre la selle dans les parties un peu technique et la remonter quand il faut rouler?

    • Sébastien Launay a dit le :

      C’est exactement ça, pas besoin de s’arrêter et possibilité de régler descendre en continu jusqu’à environ 12 cm.
      C’est d’autant plus pratique quand tu fais un parcours pour la première fois et que tu ne connais pas les passages pentus techniques ou les coups de culs.
      Et par ici c’est très commun (en particulier ce modèle) car tu passes d’une descente en lacets avec «drops» à une montée où le centre de gravité est essentiel (pense single le long de l’Ariège puissance 10 ;)).

      C’est un peu comme faire du VTT avec une bouteille d’eau dans le sac au lieu d’un camelbak, tu as la flemme de t’arrêter pour boire ou tu peux juste pas dans certaines sections ce qui provoque des crampes à la fin.
      Là sans tu as aussi la flemme car il faut constamment bien la positionner si tu ne veux pas perdre une boule (il y a une piste qui s’appelle «Severed … Dick» ;)).
      Et comme pour le camelbak une fois que tu y as goûté c’est difficile de revenir en arrière.

      Après c’est pas vraiment nécessaire dans les côteaux mais à Cap Nore ou Bruniquel ça m’aurait été bien pratique.

  • Pierrick a dit le :

    Je like grave….
    Moi j’ai encore plein de pb avec mes freins…
    Ils freinent tout le temps tout seul…Un peu pénible…
    Mais sinon ce petit rocky envoie du lourd!
    ;)

    • Sébastien Launay a dit le :

      Quand tu as les freins qui sifflent en roulant (pas sur que ça marche pour un blocage), mettre de l’eau sur l’étrier permet de retirer le dépôt de poudre accumulé lors des freinages et ainsi arrêter le sifflement.
      Après ça va couiner pendant les premiers freinages comme après un lavage ou une sortie humide mais çà dure pas longtemps et ça marche bien de mon côté (notamment conseillé lors du rodage).

      Sinon tu peux toujours toucher les disques direct avec tes doigts après une longue descente, il parait que ça marche bien en plus tu as déjà essayé :D.

  • Ludo a dit le :

    Faudra qu’on regarde ça de plus près. Une purge ne serait pas à exclure. On raffermira aussi le ressort :)

Laisser un commentaire

XHTML : Vous pouvez utiliser les balises suivantes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>